Descriptif du projet

Qui sommes-nous ?

Deux ingénieurs agronomes qui souhaitaient, avant d’entrer dans la vie active, prendre six mois pour voyager, aller à la rencontre de petits paysans nord-américains et découvrir d’autres formes d’agriculture durable afin de voir si ces modèles sont applicables en France.

 Clémentine Le Naire

Je suis née et j’ai grandi, entre Versailles et Paris, à Mareil-Marly, l’un des derniers villages de la grande banlieue, avec encore des vergers, une forêt et même des chevaux au milieu d’un champ. Mais ce n’était pas non plus vraiment la campagne. Souvent, en vacances, nous partions en randonnée dans les causses du Lot ou les montagnes de Corse. Cela explique peut-être mon attrait pour la biologie en classe de Seconde, puis en prépa au lycée Henri IV. Là, j’ai vraiment réalisé combien la nature était un don fragile. A l’Agro de Rennes, mais aussi lors d’un stage de six mois en Australie où j’ai travaillé sur les équilibres écologiques de la « rainforest », j’ai pu mesurer tout l’impact – positif ou négatif – que pouvait avoir l’homme sur son environnement. Désormais ingénieure agronome, j’ai décidé de consacrer mon énergie à l’agriculture durable dans les zones périurbaines, et aux liens qu’elle permet de nouer entre les hommes. Alors, pourquoi ce voyage ? D’abord, j’avais envie de vivre, avec Valérian, une belle aventure avant de plonger dans la vie professionnelle. Et puis, au pays de l’agriculture XXL, nous désirions partir à la rencontre de paysans aux dimensions plus modestes, soucieux des hommes, de leur terre et de leur environnement. L’occasion rêvée de partager cette expérience à travers le dessin, la photo et l’écriture. Mais aussi de transmettre, en France, tout ce que nous avons appris et vécu.

 Valérian Lebon

Ayant grandi à la campagne, j’ai toujours été attiré par la nature. D’abord en tant que terrain de jeux, puis comme modèle pour mes dessins et peintures (une autre passion !). J’ai fini par en faire mon sujet d’études en entrant à l’école d’agronomie de Rennes après deux ans de prépa BCPST au lycée Janson de Sailly, à Paris. Cette formation, mais aussi mes rencontres, mes voyages et mes stages – notamment dans un village péruvien durant six mois, en 2010 – m’ont ainsi aidé à me forger une opinion sur ce que pouvait être une agriculture durable, peu consommatrice en ressources naturelles et respectueuse de l’environnement. Partir, cette fois, en Amérique du Nord fut pour moi l’occasion d’une belle et grande virée avec Clémentine. Mais il s’agit aussi d’une nouvelle étape pour découvrir des alternatives agricoles déjà existantes dans des pays développés et partager la vie de ceux qui les inventent.

Résumé du projet

Il s’agit d’un carnet de voyage (textes, photos, dessins) relatant nos rencontres, durant six mois, avec des paysans d’Amérique du Nord. Ce projet est né de notre engagement pour une agriculture durable, d’un désir de voyages et de rencontres, d’échanges, de partage. Tous deux issus de l’école d’agronomie de Rennes, nous nous intéressons de près aux problématiques agricoles et environnementales, et plus particulièrement aux nouvelles initiatives afin de mettre en place une agriculture mieux ancrée dans son territoire, productrice de produits de qualité, créatrice de liens sociaux, d’emplois, de savoir, mais aussi de paysages. Nous désirions aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui n’acceptent pas, ou plus, le modèle productiviste dominant dans les pays du Nord. Et découvrir tout ce qu’ils ont à nous apprendre.

CAP à l’Ouest vise donc à informer et à sensibiliser les citoyens sur les thématiques d’agricultures durables, mais c’est aussi une entreprise artistique et culturelle.

Pourquoi un carnet de voyage ?

Le dessin, l’écriture et la photo sont de merveilleux moyens pour créer un échange. Ils incitent à se parler, s’observer, dépasser les apparences, prendre le temps de se comprendre et d’approfondir les relations du quotidien. Bref, vivre ensemble en gardant une trace de ces instants privilégiés. Valérian – toujours un carnet de croquis en poche – a remarqué qu’en voyage, les gens venaient très naturellement vers lui dès qu’il sortait son crayon ou ses pinceaux. Ce carnet n’est donc pas simplement un outil de travail, mais aussi de convivialité, pour entretenir et prolonger le dialogue. Décrire aussi la route elle-même, ses grands paysages et ses petits faits vrais du quotidien.

Clémentine, elle, a privilégié un temps et un format différents, à travers des portraits écrits et des photos des figures rencontrées sur son chemin. Notre carnet de voyage est donc fait de tout cela, et de beaucoup d’autres choses, inattendues, découvertes en chemin. Un carnet pour découvrir, mémoriser, restituer. Mais surtout partager, maintenant que nous sommes de retour en France.

Pourquoi l’Amérique du Nord ?

Pour surprendre ! Les champs de milliers d’hectares, les pesticides répandus par hélicoptère, les OGM, de l’irrigation en plein désert… Voilà les premières idées qui nous traversent l’esprit quand on entend parler d’agriculture nord-américaine. Cela n’est-il pas quelque peu réducteur ?

Oui, nous sommes inquiets pour l’avenir de la planète, mais plutôt que de broyer du noir, nous préférons nous attarder sur les initiatives qui fleurissent partout dans le monde et la progressive prise de conscience des véritables enjeux écologiques de ce début de XXIe siècle. Montrer que même aux États-Unis on peut rencontrer des petits paysans, des militants, des projets innovants, c’est un beau message d’espoir! Traverser à la fois les États-Unis et le Canada a aussi été pour nous l’occasion de comparer le fonctionnement de cette petite agriculture dans deux pays aux cultures et aux politiques agricoles différentes des nôtres.

Le voyage en détail

Nous avons sillonné le Nord des États-Unis et une partie du Canada en 5 grandes étapes selon le trajet indiqué sur la carte ci-dessous.

carte cap a louest

Au total, 25 000 kilomètres en  six mois de voyage, dont dix-sept semaines de WWOOFing[1].

Nous avons conservé du temps entre chaque WWOOFing – 10 jours en moyenne, sauf 1 mois en juillet – afin de pouvoir prendre le temps de souffler, de visiter, mais aussi de découvrir d’autres initiatives. C’est ainsi que nous avons découvert des initiatives passionnantes à Détroit, Chicago, Portland, mais aussi que nous avons découvert les communautés Amish.

Pour le choix des fermes nous avons privilégié la diversité des activités et des lieux. Nous avons ainsi un panel assez large de ce qui peut se faire en agriculture durable outre-Atlantique. Voici les principales caractéristiques de chaque ferme où nous avons travaillé :

  • Belle Roche : à proximité de Montréal, Simon et Caroline cultivent principalement des légumes pour les vendre en circuits-courts sur les marchés ou sous forme de paniers hebdomadaires. Ils possèdent aussi quelques poules et des herbes aromatiques.
  • Welcome Home Community Garden : en plein centre de Brooklyn, cette initiative a pour but de reconquérir des espaces urbains en friches pour y cultiver des légumes. Au-delà de la production maraîchère, il s’agit d’un projet éducatif pour les enfants du quartier et de cohésion sociale.
  • Doubletree Farm : cette ferme de 13 ha en Caroline du Nord qui utilise toujours la traction animale, produit du sorgho, du foin et du bois. Perdue en pleine forêt humide, Cathy Bennet y élève aussi des chèvres laitières (qu’elle trait à la main!) et des poules.
  • Goat’s Pride Dairy : dans la banlieue de Vancouver, cette petite ferme familiale (les parents et leurs neuf enfants!) de 9 hectares est plus orientée sur l’élevage. Ils vendent principalement du lait de chèvre pasteurisé sur place ou transformé en fromage ou yaourt. Ils produisent aussi de la viande de porc, des œufs de poules et quelques fruits et légumes.
  • Good Note Community Farm : proche de la ville d’Edmonton, cette ferme propose à ses clients de faire partie de la ferme en venant récolter eux-mêmes leurs légumes ou en trayant les chèvres et les vaches. Maryann Borch possède des fruits, des légumes, des herbes aromatiques et médicinales, des vaches, des chèvres, des poules,… et même des abeilles !

Diffusion

Nous avons diffusé notre carnet de voyage via notre blog durant 6 mois (plus de 16 000 visites). Désormais de retour, nous sommes en train d’organiser des événements afin de communiquer sur notre expérience. Cela se fera notamment sous forme d’expositions et de discussions, ce qui permet d’initier une réflexion et d’engager le dialogue avec les invités.

Plusieurs expositions on déjà eu lieu :

  • à la mairie de Mareil-Marly (78) – le 30 novembre 2013
  • à l’école d’ingénieur agronome de Rennes, Agrocampus Ouest (35) – le 5 décembre 2013
  • au CRIJ Bretagne à Rennes (35) – le 4 janvier 2014
  • avec la mairie de Nanteuil-le-Haudouin (60) – le 11 janvier 2014

Ainsi que plusieurs interventions pédagogiques à l’école primaire de Mareil-Marly, où nous avons encardré les élèves dans le jardin potager de l’école et où nous avons abordé avec eux le sujet de l’agriculture durable.

Aujourd’hui, après le temps des expositions, nous souhaiterions publier un livre qui nous permette de partager cette expérience plus largement, et qui nous offre un cadre de réflexion. C’est pourquoi, nous nous sommes installés dans la maison de vacances de Clémentine dans le Lot, depuis mi-janvier, pour écrire. Cet ouvrage présentera nos motivations ce qui nous a poussé à réaliser ce projet. Puis une deuxième partie retracera le voyage, en reprenant, en affinant et en adaptant ce qui a déjà été fait dans le blog. La troisième partie sera l’occasion de revenir sur cette expérience pour comprendre ce qu’elle peut apporter dans notre réflexion sur l’agriculture d’aujourd’hui, sur ce qui est souhaitable, ce qui est réalisable, et réfléchir plus largement sur des sujets de société. Cette partie serait réalisée sous forme d’un dialogue entre nous deux, afin de laisser chacun s’exprimer et de rendre la lecture plus vivante et moins théorique.

Pour télécharger le descriptif complet du projet en pdf :

dossier présentation CAP à l’Ouest


[1] World-Wide Opportunities on Organic Farms : il s’agit d’un réseau mondial de fermes bio qui se proposent d’accueillir toute personne souhaitant partager leur quotidien et leurs travaux en l’échange du gîte et du couvert.

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